"Beaucoup de "Psys" sont opposés à ce diagnostic." Idée reçue n°4

Beaucoup de psychologues et de pédopsychiatres sont opposés à ce diagnostic.

Ce n’est, hélas ! pas une idée reçue et l‘explication tient à une vieille querelle.

Depuis le XIXème siècle, les psychiatres se chamaillent sur cette toute petite question : ce que nous sommes (notre personnalité) ou ce dont nous souffrons (les troubles de cette personnalité) tiennent-t-ils plus à notre nature - nous dirions aujourd’hui l’inné ou la génétique - ou à notre culture - notre acquis, principalement notre éducation et notre famille ?

À l’opposé de leurs homologues anglo-saxons, les psychologues et les psychiatres français (surtout les pédopsychiatres) ont majoritairement retenu les thèses psychanalytiques freudiennes selon lesquelles le déterminant principal de notre personnalité est notre enfance et notre vie familiale. Dans cette perspective, l’agitation, l’inattention et toute difficulté comportementale ou scolaire apparaissent comme des symptômes cachant une souffrance affective que seule une psychothérapie peut révéler. C’est une théorie d’autant plus séduisante qu’elle coïncide avec les sentiments de culpabilité des parents.

Mais les faits, s’agissant de l’hyperactivité, ne confirment pas cette théorie.

Les psychothérapies d’inspiration analytiques semblent sans grand effet sur l’hyperactivité en comparaison des autres traitements, notamment médicamenteux. Cela tient probablement au fait que l’hyperactivité relève plus de notre nature neurobiologique qu’elle ne s’explique par notre parcours psychoaffectif.